Sélection du nouveau logo Bio européen et lancement par l'AVN de la charte d'élaboration des vins naturels

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A lire ci-dessous l’article paru sur le blog du site Hachette Vins qui montrent bien les enjeux de ce nouveau vin bio:

Depuis hier, l’Europe a un logo tout nouveau tout bio. Une feuille stylisée, dont le contour est formé par les étoiles de l’Union (…) sur un fond vert prairie. Il devra figurer à partir du 1er juillet 2010 sur tout produit biologique préemballé élaboré dans l’Union. L’heureux gagnant, désigné à l’issue d’un concours ouvert à tous les citoyens, est un étudiant allemand, Dusan Milenkovic, dont le projet a recueilli près de deux tiers des 129 493 votes. (…)

Les citoyens européens (enfin, 80 000 d’entre eux…) ont décidé démocratiquement du nouvel étendard du bio européen. On ne pourrait que se réjouir de cette entreprise, si le revers de la médaille n’était pas aussi… sombre ? Flou ? Car pendant que les citoyens sont appelés à décider de la forme, de « l’emballage » dirait-on sans jeu de mots, les négociations vont bon train dans les couloirs de la Commission quant au fond. De quoi le bio sera-t-il fait demain, et plus précisément pour ce qui nous intéresse, le vin bio ?

Car faut-il le rappeler, il n’est de bio aujourd’hui que la partie agricole du vin, à savoir le raisin. La commission s’est donc attelée à la question de la vinification biologique afin d’établir un cahier des charges complet et aboutir à la définition d’un vrai « vin bio ». Des règles européennes sont en discussion depuis fin juin 2009 entre les 27 États membres dans le cadre du Comité permanent de l’Agriculture biologique. La commission n’a pas encore émis de proposition écrite formelle, seulement des textes dits « de travail ». Le calendrier pour l’adoption d’un règlement est ouvert même si, précise-t-on à Bruxelles, « l’objectif d’aboutir à temps pour la vendange 2010 a été évoqué ».

Un certain nombre de points fait déjà débat sur l’utilisation de techniques comme la thermovinification, l’osmose inverse ou la flash pasteurisation. Les Vignerons indépendants de France se sont inscrits en faux dès le mois d’octobre dernier contre l’autorisation de ces pratiques œnologiques, estimant qu’elles « dénaturent ou détruisent les matières vivantes naturellement présentes dans le vin ».

Ces premiers éléments font craindre une définition réglementaire du vin bio a minima, c’est-à-dire interprétant au pied de la lettre la philosophie du bio, à savoir : pas d’intrants de synthèse. La flash pasteurisation tue des éléments naturels du vin ? Peut-être, mais elle ne rajoute pas de composants artificiels, donc autorisée ! Et tant pis pour « l’esprit » du bio et la confiance des consommateurs (les mêmes que l’on a invités à donner leur avis… sur le logo !).

Cela étant, de quoi s’étonne-t-on ? Le loup n’était-il pas dans la bergerie depuis quelque temps déjà ? Car ces pratiques œnologiques aujourd’hui dénoncées pour le vin bio sont autorisées dans les AOC depuis longtemps. Et on peut penser qu’elles dénaturent plus le vin dans son « lien au terroir », en contribuant à standardiser les cuvées, que dans sa « bio-itude »…

logo-asso-vins-naturelsPendant ce temps l’Association des Vins Naturels vient d’élaborer une charte des vins natures, qui tombe à pic pour faire face à ce faux vin bio. Le cahier des charges est strict et reflète exactement notre vision du vin vrai, naturel et authentique, à savoir:

>> à la vigne: culture bio avec une certification de préférence, sinon engagement par écrit du respect du mode de culture biologique (ils sont quasiment tous certifiés). Sans être indiqué, je suppose que les vignerons en biodynamie sont les bienvenus. Être en culture bio c’est effectivement la base de départ pour pouvoir ensuite élaborer un vin naturel de qualité.

>> Mais c’est en cave que ça devient intéressant car:

  • Vendanges manuelles uniquement et vinification en levures indigènes uniquement
  • Pas d’intervention et pas de procédés œnologiques type:

Thermo-vinification (vinification avec chauffage de la vendange)
Flash pasteurisation (procédé de conservation des aliments qui consiste en un chauffage à une température élevée (75 °C environ) pendant un laps de temps très court, suivi d’un refroidissement rapide)
Osmose inverse (technique permettant d’enlever de l’eau afin de concentrer les moûts), et j’en passe…

  • Doses maxi de SO2 total à strict minima, à savoir: 30mg/l pour les rouges et les effervescents, 40mg/l pour les blancs, 80mg/l pour les demi-secs et moelleux. Tout en sachant que la grande majorité des membres sulfitent moins que cela (certains zéro quand ils le peuvent).

Cette charte ne cherche pas à exclure mais plutôt à protéger la dénomination vin naturel des agressions extérieures (l’expression devient de plus en plus galvaudée) et à faire grossir les rangs de cette asso qui regroupera bientôt beaucoup plus de vignerons qui veulent faire bien et bon. Nous nous félicitons de l’élaboration d’une telle charte qui vient enfin officialiser un mode de production rigoureux et respectueux de la vigne, des sols, des vins et de ceux qui les boivent !

Article original : Vin Bio Naturel



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