Les vins natures jouent la transparence

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L’AVN (Association des Vins Naturels), créée en 2005, défend une exigence de transparence, en invitant les vignerons membres à rendre publiques toutes les informations concernant la production de leurs vins. Ou la traçabilité poussée à l’extrême…

Le “vin nature”, c’est quoi ? Pour certains spécialistes du sujet, il n’existe pas officiellement, mais “on peut quand même le rencontrer”… Pour d’autres, comme Michel Chapoutier, le vin nature est un contresens et un abus de langage. Le sujet ne laisse personne indifférent, comme l’a prouvé la récente polémique soulevée par une interview de Michel Bettane dans la revue italienne Gambero Rosso. Et pour les consommateurs, entre viticulture bio, biodynamie, vin nature, il est parfois difficile de s’y retrouver.

L’Association des Vins Naturels (AVN), créée en 2005, réunit des vignerons, des marchands de vin et des consommateurs engagés dans la défense des vins natures. Cela signifie qu’ils font la promotion de vins produits selon les principes de l’agriculture biologique, dont les raisins sont vendangés manuellement, vinifiés exclusivement à partir de levures indigènes, et surtout sans l’ajout d’aucun intrant – de la culture à la mise en bouteille en passant par la vinification – mis à part du soufre dans une quantité très limitée : 0 (ou traces naturelles) à 30 mg/l maximum pour les vins rouges (contre 100 mg/l pour le nouveau label bio européen et jusqu’à 200 mg/l en conventionnel), 0 (ou traces naturelles) à 40 mg/l maximum pour les vins blancs (contre 150 mg/l pour le nouveau label bio européen et jusqu’à 400 mg/l en conventionnel), et ce quelle que soit la teneur en sucres résiduels. Enfin, les techniques telles que l’osmose inverse, la filtration tangentielle, la flash pasteurisation, la thermovinification sont strictement prohibées.

Contre-étiquette

Pour aller plus loin dans son engagement auprès des consommateurs et dans son exigence auprès de ses adhérents, l’AVN demande à chaque vigneron de s’engager à rendre publiques toutes les informations sur ses cuvées, les millésimes, les dates de mise en bouteille et les taux de sulfites contenus dans chacune. Pour les vignerons qui le souhaitent, le sigle “AVN” ou, le cas échéant, “AVN sans sulfite ajouté” peut être ajouté sur la contre-étiquette des cuvées répondant aux critères en vigueur au sein de l’association. A noter que, pour devenir adhérent, chaque postulant doit obtenir l’approbation d’au moins 75% des membres du Conseil d’Administration. Une adhésion qui implique un certain nombre d’obligations, mais qui offre aussi des avantages, comme la mise en commun par le biais d’une bourse d’échange, d’idées et d’expériences de vignerons, l’aide à la communication et à la distribution, entre autres.

En renforçant son exigence de transparence auprès de ses vignerons membres, l’AVN entend œuvrer à une meilleure connaissance – et reconnaissance – des vins naturels par le grand public. Une manière de désamorcer les polémiques, mais aussi d’offrir aux consommateurs une meilleure “lisibilité” sur une catégorie de vins qui n’est pas toujours facile à cerner…

Source : Terres de vins

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