Vin bio#2012

Article de Marise Sargis sur Vin&Chère made in Paris

Le vin issu de raisins de l’agriculture biologique connait un succès fou : 6 % du vignoble converti (50 000 hectares de vignes) dont 4 000 viticulteurs s’occupent. Un chiffre d’affaires en hausse de 8 % sur un an (322 millions en 2010). Le vin est le produit qui connait la croissance la plus dingue selon l’Agence Bio, agence d’Etat  qui synthétise les chiffres de toute la filière.

Dix fois plus de vignes bio en 2010 qu’en 1995.

Le produit traîne pourtant un handicap sur son étiquetage : il n’existe pas de vin bio à proprement parler ;  toute faute de langage, vaut au fauteur de trouble, d’être régulièrement vilipendé par les détracteurs depuis des années.

Quand je suis allée à Vinexpo en 2011 à Bordeaux, je devais faire un papier pour Gault&Millau sur l’état d’avancement de la réglementation européenne concernant la charte de vinification bio (n° 50) . J’ai interrogé pas mal de vignerons en bio qui m’ont tous affirmé que la charte devait absolument sortir au 1er juillet 2012 pour une simple question de légalité.

La mention sur les vins AB « issus de raisins bio’ est devenue illégale depuis que le vin a intégré la nouvelle réglementation européenne en 2009 mais a été prolongée à titre dérogatoire jusqu’au 30 juin 2012.

Il y avait donc urgence. Si aucune charte n’intervenait au 1/7/2012 les vins qui voudraient prétendre au logo bio européen devraient, à l’extrême, afficher la totalité de leurs ingrédients sur l’étiquette comme n’importe quel autre produit alimentaire. Cela aurait pu être intéressant.

Français et allemands ont mis fin à leurs querelles qui avaient fait capoter les précédentes négociations de 2010 pour tomber d’accord sur des compromis. Un socle commun d’abord,  pour un affinage en règle ensuite.

L’idée est de pouvoir faire du vin bio partout en Europe même les années difficiles. Une telle ambition nivelle par le bas.

Le vin bio ne sera donc pas si naturel que ça.  Dans les premiers vins bio 2012 devraient être admis par la réglementation : la flash pasteurisation, les sulfites, les levures exogènes bio, le collage, le filtrage.

Les doses maximum de sulfites devraient être réduites de 50 mg pour les blancs avec sucres résiduels et de 30 mg pour les rouges avec un élevage long mais possibles.

Les futurs vins bio français pourront être exportés en Amérique du Nord avec la mention « made with organic wine » mais ne pourront prétendre à être étiquetés « Organic wine », catégorie réservée aux vins plus naturels (bio  et sans ajout de sulfites) conformément  au cahier des charges américain « NOP » (National Organic Program).

On n’a pas fini de parler du vin bio  !

Article de Marise Sargis sur Vin&Chère made in Paris

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